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Le XVIIIème siècle et
la Révolution française |
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En 1701, la baronnie de Châteaugiron
est vendue par les Cossé-Brissac à René Le Prestre
de Lézonnet, avocat général au grand conseil, sénéchal
du présidial de Rennes, Président à mortier du Parlement
et trésorier des Etats de Bretagne. Il remet le château au
goût du jour, tout en conservant les vestiges médiévaux.
Il achète aussi plusieurs terres, dont le marquisat d'Espinay : à
partir de cette époque, les Le Prestre signèrent "marquis
de Châteaugiron".
Auguste-Félicité, un de ses petit-fils, s'illustrera par son
rôle dans l'affaire La Chalotais qui opposa Parlement de Bretagne
et Roi de France à partir de 1764. René-Jacques Le Prestre
achète en 1765 la châtellenie du Bois-Orcan, qui étendait
sa haute justice sur 14 paroisses. En 1750, il a épousé la
petite-nièce du philosophe René Descartes. René-Joseph
Le Prestre, son fils, après son mariage avec Agathe Carné
de Trécesson, signe "comte de Châteaugiron". Très
tôt, sa générosité inépuisable le fit
regarder comme le bienfaiteur du pays, encore plus que ses parents et grands-parents,
qui avaient fait refaire la toiture de l'église ou aménagé
la fontaine de La Roche. Du reste, les Le Prestre, tout au long du XVIIIème
siècle, eurent un train de vie modeste, avec quelques domestiques
et peu de grandes fêtes. L'hiver, ils résidaient à Rennes,
en l'hôtel de Châteaugiron (10-12 rue Corbin) qui restera dans
la famille jusqu'en 1787.
La révolution ne changera rien aux habitudes des Le Prestre de Châteaugiron,
et la population, reconnaissante, se gardera de toute violence à
leur encontre. Cependant, le capitalisme industriel en plein essor et les
premiers succès de la vapeur sonnent le glas de l'industrie des toiles
à voiles, présente sur Châteaugiron depuis le XVIIème
siècle.
Trois habitants de Châteaugiron sont élus députés
du Tiers-Etat en 1789 et parmi eux, Jouin devint dès 1791 maire de
Rennes (il succède à Leperdit).
En 1790, une municipalité est élue, et les castelgironnais
estiment que l'homme le plus apte à devenir leur maire, est celui
qui remplissait déjà implicitement ce rôle, à
savoir le sénéchal du marquis, Leguay. Trop prudent, il est
renversé par une poignée de révolutionnaires convaincus
qui le remplacent par Régnier, dont le premier geste est de constituer
une Garde Nationale de 248 citoyens. Le nouveau maire débaptise entre
autres les rues de Châteaugiron pour faire disparaitre les dernières
traces du régime féodal. Le nom lui-même de la ville
devient un temps "Montgiron"... Les Le Prestre, offrent en 1794
le donjon et la tour de l'Horloge à la municipalité, puis
quittent définitivement Châteaugiron après avoir vendu
toutes leurs possessions pour s'installer à Argenteuil près
de Paris. Le dernier descendant des Le Prestre, Hippolyte, mourut sans descendance
après une brillante carrière militaire et diplomatique à
travers l'Europe. Ainsi s'éteint le dernier seigneur de Châteaugiron,
en 1802... |
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